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- L'oiseau mag n°81
+ supplément "Rapaces"
- revue Ornithos (Vol.13-1) |
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Hirondelle de fenêtre
Delichon urbica
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Famille
des Hirundinidés
Longueur:
13,5 - 15 cm
Poids:
15 - 25 g
Période d'observation:
espèce migratrice, visiteuse d’été,
qui arrive dans nos régions courant avril,
et nous quitte vers la fin du mois de septembre,
pour aller hiverner en Afrique occidentale, centrale
et méridionale. Depuis 2000, l’espèce
a été signalée comme hivernante
occasionnelle en France, puisqu’elle a été
observée de décembre à février,
en différents points de notre pays.
Statut juridique: Espèce
intégralement protégée
photo
Yann Hermieu |
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| Description
: |
| Ce
qui rend l’Hirondelle de fenêtre facilement
reconnaissable, c’est la grande tâche blanche
qu’elle a au croupion, et que l’on peut voir
de loin. Le dessus des ailes est noir ; la calotte, le
dos et les épaules sont d’un bleu-noir luisant,
à reflets métalliques. Le dessous du corps
est blanc, et même les pattes sont emplumées
de blanc. L’Hirondelle de fenêtre porte une
courte queue noire, moyennement fourchue, mais sans filets
(contrairement à l’Hirondelle rustique).
Mâle et femelle sont identiques, en revanche les
jeunes sont plus ternes, avec le dessus du corps brun,
teinté de reflets bleus, et le dessous blanc sale.
L’Hirondelle de fenêtre ne vole pas telle
une flèche, à la différence de l’Hirondelle
rustique, elle volette davantage, avec de fréquents
et parfois longs planés, ailes étendues,
souvent selon une trajectoire légèrement
circulaire et avec un rythme calme. |
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| Habitat,
exigences écologiques : |
| L’Hirondelle
de fenêtre est une citadine, comme l’indique
la partie latine de son nom scientifique (urbica, «
de la ville »). En effet, de très nombreuses
colonies sont installées au cœur des villes.
Mais plus l’agglomération s’étend,
plus l’Hirondelle de fenêtre a tendance à
préférer sa périphérie. Elle
niche également dans les zones rocheuses de régions
inhabitées (sur les falaises), au cœur de
nombreux petits villages et de fermes ou bâtiments
isolés. En montagne, elle est présente jusqu’à
plus de 2 000 mètres d’altitude. L’Hirondelle
de fenêtre ne craint pas l’homme et s’installe
généralement à l’extérieur
des maisons, aux encoignures des fenêtres (d’où
son nom français), sous les gouttières,
sous les avancées de toit ou les terrasses, mais
aussi dans les bâtiments (comme les étables,
les écuries, les garages, etc.) ou sous les arches
d’un pont. Elle a cependant toujours besoin d’être
à proximité d’une zone humide où
elle puisse trouver l’élément essentiel
à la construction de son nid : la boue. |
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| Régime
alimentaire : |
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L’Hirondelle de fenêtre se nourrit exclusivement
de petits insectes ailés (ses proies mesurent en
moyenne 3,5 millimètres). Elle chasse en altitude,
à une vingtaine de mètres en moyenne, et
même souvent à plus de 100 mètres
de hauteur par beau temps. Elle peut rechercher sa nourriture
jusqu’à plusieurs kilomètres de son
lieu d’habitation, mais elle chasse généralement
dans un rayon de 500 mètres. Comme l’Hirondelle
rustique, l’Hirondelle de fenêtre boit et
se baigne en volant, rasant pour cela la surface de l’eau.
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| Reproduction
: |
| L’Hirondelle
de fenêtre niche en colonies, parfois très
importantes, comprenant plusieurs dizaines (voire plusieurs
centaines) de nids, généralement collés
les uns près des autres. Le nid en forme de coupe
est maçonné par les deux parents, qui assemblent
des boulettes de terre humide (généralement
de l’argile), de fins graviers et des fétus
de paille. L’intérieur est tapissé
de plumes. Accolé à son surplomb, le nid
est presque entièrement fermé, les parents
ne laissant subsister qu’un simple trou d’envol.
La construction du nid dure en moyenne 10,4 jours (contre
3,5 jours s’il s’agit simplement de restaurer
un ancien nid). L’Hirondelle de fenêtre est
très fidèle à son site de nidification,
elle y revient chaque année (7 à 12 % des
couples réutilisent même le nid occupé
l’année précédente). Elle effectue
2 couvées, l’une fin mai-début juin,
l’autre en juillet (ou même en août).
Les 4 ou 5 œufs blanc pur (dimensions : 18,5 x 13
millimètres) sont couvés à tour de
rôle par le mâle et la femelle, pendant 15
à 16 jours. Les jeunes séjournent au nid
pendant une durée allant de 3 semaines à
1 mois. Ils peuvent ensuite aider leurs parents lors de
l’élevage de la nichée suivante. Dès
la fin du mois d’août, et jusqu’au début
d’octobre, les jeunes puis les adultes se rassemblent
sur les fils électriques, annonçant ainsi
l’imminence de leur départ pour l’Afrique. |
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| Abondance
et évolution : |
L’effectif
des Hirondelles de fenêtre en France avoisine
le million de couples. Mais l’espèce est
en déclin en France (où la population
a chuté de 40 % en vingt ans) comme dans de nombreux
pays européens. Les principales difficultés
rencontrées par l’Hirondelle de fenêtre
sont la pollution atmosphérique, l’usage
massif des pesticides (qui font disparaître les
insectes) et l’inhospitalité des façades
des maisons modernes, voire l’inhospitalité
des habitants eux-mêmes : chaque année,
on constate de nombreuses destructions illégales
de nids d’hirondelles, même si cette infraction
est passible d'une amende de 9 000 euros et d'une peine
d'emprisonnement de six mois. Pourtant, si l’on
souhaite éviter toute salissure sur les façades,
occasionnée par les fientes des Hirondelles,
il suffit d’installer des planchettes sous les
nids, destinées (voir http://ile-de-france.lpo.fr/lpoidf/ornitho_pratique/hirondnid.htm
et http://ile-de-france.lpo.fr/lpoidf/fiches_telechargement/Hirondellesok.pdf).
L’Hirondelle de fenêtre souffre également
de la disparition des vieux quartiers avec leurs coins
humides, des abreuvoirs, des sentiers boueux et des
mares, qui lui fournissaient la boue nécessaire
à la construction de son nid. De plus, l’élevage
de la seconde nichée peut parfois se prolonger
jusqu’à mi-octobre, ce qui fait courir
aux Hirondelles de fenêtre le risque d’une
hécatombe en cas de froid précoce.
Anne
Billaud, LPO Ile-de-France
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